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11e colloque de recherche ontologique en abandon corporel


Co-devenance humaine, institution et ouverture à l’expérience d’être


La position prise, et chaque fois à reprendre, d’habiter ce qui s’éveille en soi comme étant soi-même, dans nos mises en rapport avec d’autres comme dans nos façons d’appréhender la réalité humaine, est au cœur de la recherche de l’humain sur l’humanité qu’est l’abandon corporel. Au cours des différents colloques, plongeant dans nos subjectivités respectives et mettant en commun nos expériences singulières, nous avons approfondi aussi bien le sens que les particularités de la démarche et de la recherche ontologique, mettant à jour l’ampleur du vivant et de la matière devenue peu à peu corps et rapport en chacun de nous. Avec près d’une cinquantaine années de recherche et d’enrichissement mutuel, en interdépendance les uns avec les autres, nous avons été de plus en plus amenés à la prise en compte de la co-devenance humaine, portant intrinsèquement une ambivalence radicale, une institution faite de dichotomies et de connivences qui laisserait en plan l’insupportable et l’irrecevable de la vie intérieure.
Or l’expérience générale qui s’est tissée à travers les récents colloques semble indiquer que nous arrivons à un carrefour. Dans le contexte des décès, des départs à la retraite et du vieillissement des personnes ressources ayant été à l’origine de la recherche ontologique, nous nous retrouvons pour une grande part d’entre nous habités par la nécessité de situer et approfondir davantage notre paradigme, notamment vis-à-vis des critères scientifiques usuels, face aux autres formes de psychothérapie plus traditionnelles, tout comme face à la mondialisation et au développement accéléré des technologies. Quel serait justement le devenir de la démarche ontologique dans le contexte sociétal actuel? Comment comprendre les récents événements et bouleversements dans nos sociétés à partir de la position de recherche ontologique? Quels sont les fondements de notre démarche à mettre de l’avant et qui peuvent servir d’appui dans un processus d’échange et de cohabitation avec d’autres regards que le nôtre? De même, en l’absence de plusieurs de nos tiers fondateurs, il serait tout aussi impératif de saisir avec sensibilité et nuance ce que la démarche ontologique nous donne de nous, comme individu et comme collectivité. Serions-nous plus que jamais confrontés à nos modes de rapport et à nos institutions respectives sans lieu et sans tiers pour nous aider à les déposer et à les habiter? Aurions-nous plus que jamais à prendre le risque de nos différences, à nous situer les uns face aux autres dans un mouvement de co-naissance, tout en préservant l’essence et le sens de notre démarche? Qui plus est, qu’est-ce que la position de
se recevoir implique comme consentement et responsabilité, aussi bien au niveau individuel que collectif?
Dans ce mouvement vers des rivages inconnus, il semblerait nécessaire de se retrouver tous ensemble et de se mettre au travail pour décrire avec rigueur ces expériences qui se présentent à nous subjectivement et pour mieux éclairer ce qui appartient à notre réalité actuelle. L’ouverture à l’expérience d’être et au sens de l’être, à tout soi-même, au cœur d’un processus qui nous rend pleinement vivant, demeure complexe, en mouvance, porteur de nombreux déterminismes et d’une multitude d’enjeux d’existence. Ce n’est qu’en osant une rencontre de soi, d’un autre et des autres que nous serons à même de préciser notre spécificité et de circonscrire plus avant les fondements de la recherche ontologique.

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