La violence

À ce moment de l'histoire humaine, les grandes institutions sont remises en question. Mais sans les institutions, l'individu humain est lancé seul dans l'existence avec tout le poids du rapport à soi et aux autres, de la subjectivité unique à chacun et du sens à découvrir et à inventer.

L'individu, comme institution et subjectivité incontournable, aura à trouver en lui-même un lieu pour assumer ce qu'il est co-devenu dans les institutions.

La violence humaine se situe à un autre niveau que la violence de la matière et de la vie : elle devient sadomasochisme.

La violence humaine est inhérente au processus même de la co-devenance humaine. Elle est inévitable. Elle est d'origine. Elle est au cœur des institutions et des rapports de connivences.

L'humain est coincé, entre le manque de ses origines et la grandeur de son projet : une ambivalence qui ne peut se résoudre que dans la position de se recevoir passant de la causalité à la paradoxalité.

La violence ne sera jamais résolue. Elle est. Il y a tout à faire pour en éviter les effets négatifs. Mais elle aura à être reçue comme une part essentielle du devenir humain.

La pire des violences est transmise avec la vie elle-même. Elle est héritage, en des individus de plus en plus nombreux, d'une organisation d'être intolérable à soi et incompatible à la vie avec les autres. Et pourtant, cela est humanité à recevoir et à être, ne serait-ce qu'à travers les autres.

Se recevoir comme individu dans toute sa réalité consisterait à se sentir partie prenante de toute la violence humaine.
La violence, la souffrance et la mort sont les lieux inévitables de tout le non-accompli du devenir humain.


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